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Vieux 11/08/2008, 19h48
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Par défaut Les Jeunes Annees Du Septieme Art.

Les jeunes années du septième art.




Que de chemin parcouru entre ces deux machines…








Certes, des procédés d’enregistrement et de reproduction d’images animées existaient déjà avant la mise au point du «*cinématographe*» par Louis Lumière, mais aucun ne permettait la projection sur un écran.
Il y a bien eu cette «*affaire*» Leprince avant la séance du 28 décembre 1895 dans le sous-sol du Grand Café, mais la disparition mystérieuse de l’inventeur ne permit pas de le considérer officiellement comme le père du septième art .

Voir ici :
http://www.cameravideo.net/forum/faq...te-cinema.html
http://www.cameravideo.net/forum/faq...inema-2-a.html


Louis Lumière

Après plusieurs tentatives infructueuses et grâce au dépannage de la machine à coudre d’une des ouvrières de son usine, Louis Lumière imagina d’utiliser le procédé qui assure le mouvement de l’aiguille pour faire avancer le film d’une manière saccadée.
C’est la came excentrique de Trézel qui fut utilisée dans le premier appareil de prise de vue baptisé «*cinématographe*», lequel servait aussi à la projection en lui adjoignant une lanterne comme le montre ce dessin de l’époque :







Voici la reproduction du brevet allemand qui fut déposé.







On remarque que la forme de la came a évolué : d’abord ronde, elle devint ensuite triangulaire. (elle se présente encore ainsi dans la majorité des caméras modernes).





Document Jean Vivié




Le cinématographe adapté à la projection



Georges Méliès

Lors de la première projection publique, à peine la lumière revenue, une voix se fit entendre dans le Salon Indien du sous sol du Grand café :
- J’achète !
C’était celle de Mélies, illusionniste et propriétaire du théâtre Robert Houdin, qui se précipita alors vers Antoine Lumière, père d’Auguste et Louis, qu’il connaissait bien.
- Je ne vends pas ! répondit Antoine.
- Mille francs …
- Non !
- Tu n’es pas sérieux… Allez, combien, dis un chiffre, Lumière !
- Tu n’es pas assez riche, mon petit…
- Reste poli, Antoine !


Marchand, le directeur des Folies Bergères, écarta alors Méliès de façon dédaigneuse et dit en s’adressant à Antoine :
- Dix mille francs… Les Folies, que vous connaissez bien, Monsieur Lumière, l’appelleront « Intermède Lumière », juste après la Danse des sept voiles et avant le French Cancan !

Méliès :
- Trente mille francs !

Marchand :
- Cinquante mille !

après un nouveau refus d’Antoine, il ajouta alors :
- Tu sais que tu me déçois énormément, Antoine… Je te croyais intelligent ! Dur en affaires, mais intelligent et je te découvre assez aveugle pour négliger tes intérêts commerciaux les plus immédiats !

Antoine :
- Comprends-moi bien : je vends un spectacle, pas une machine !
C’est comme si à toi on demandait d’acheter seulement les décors de ton théâtre… Que dirais-tu, Méliès ?


- Je dirais, je dirais…Au fait, Lumière, qu’est-ce que tu vas mettre sur ton drap ? C’est bien, les bébés qui mangent, les tramways qui tremblotent, les pompiers qui pompent, mais tu verras, bientôt il faudra autre chose ! Et qui c’est ce jour là qui aura besoin des idées de Méliès ? Qui c’est aujourd’hui qui fait le malin et qui, demain, viendra à genoux me demander de l’aider ? Sais-tu ce que je lui dirai à l’ami Antoine, ce jour là ? Ce sera non, non et non…

Devant le refus d’Antoine Lumière de lui vendre sa caméra, Méliès décida d’en fabriquer une lui-même qu’il baptisa «*kinematograph*».
Il se lança alors dans la production de films fantasmagoriques pour lesquels il inventa de nombreux trucages, dont certains sont encore utilisés aujourd’hui.
On comprend bien pourquoi Paul Gilson écrivit de lui, en 1960 :
« Sans doute, avant lui, le premier train venait-il d’arriver en gare, le bateau de pèche était-il sorti sans accident par temps lourd et l’arroseur s’était-il arrosé déjà sur l’écran du Grand Café ? Jules Marey, les frères Lumière avaient tour à tour donné le mouvement. Mais Georges Méliès le premier délivra les fées. »




Intérieur du cinématographe Lumière




Chrono Lumière spécialement conçu pour la projection




Le kinematograph Méliès spécialement conçu pour le projection





La caméra "kinematograph" en 1912 (une évolution est déjà perceptible)




Charles Pathé

Après Méliès, le créateur de rêves, c’est surtout Charles Pathé, qui fit évoluer techniquement le cinéma.
Après avoir vendu des phonographes, puis des Kinétoscopes Edison dans son magasin situé au 72 cours de Vincennes à Paris, il rencontra Joly, un jeune ingénieur qui désirait lui acheter du matériel pour l’exploiter dans des foires. Très vite Pathé décela chez lui une âme d’inventeur et il accepta de lui prêter 4000 francs pour construire une caméra de son invention.
Par la suite, il fit appel à Victor Continsouza et à son mécanicien Duval pour transformer totalement le matériel.
Sans aucune modestie, il a d’ailleurs affirmé :
«*Je n’ai pas inventé le cinéma, mais je l’ai industrialisé. Avant «*Pathé Frères*»*, le cinéma offrait surtout et n’offrait guère que l’intérêt d’un problème résolu. Avec nous, il est appelé à devenir une activité formidable, intéressant à son sort des centaines de millions d’êtres humains et brassant des milliards de francs par an…*»
Pas très modeste, certes, mais parfaitement exact.

Avec le concours de ses techniciens, Pathé mit au point de nouvelles caméras comme ce modèle datant de 1908 :




Caméra Pathé 1908 (gravure d'époque)



Il perfectionna aussi les projecteurs en adoptant l’entraînement par croix de malte, encore utilisé de nos jours dans les projecteurs de salle.




Principe de fonctionnement de la croix de Malte







Un débiteur denté est entraîné par quart de tours par la croix de Malte déplacée par l’ergot solidaire de l’axe moteur.
En 35 mm le débiteur possède 16 dents, ce qui correspond à quatre images. L’ergot fait un tour par image, soit 1440 tours par minute à 24 images/sec.
Entre chaque quart de tour, la croix de Malte est maintenue stable par un plateau circulaire.
Cela permet une bien meilleure stabilité que les systèmes à griffes tout en diminuant considérablement l’usure des perforations.




Chrono Pathé 35 mm (marqué Continsouza)




L'un des premiers projecteurs Pathé 35 mm à croix de Malte




Projecteur Pathé 35 mm destiné à l'enseignement (1920)




Projecteur double poste pour la projection en salle


Contrairement à ce qui s’est fait par le suite (avant l’arrivée des dérouleurs), la cabine de projection n’était pas équipée de deux projecteurs fonctionnant en alternance, mais d’un seul projecteur muni de deux chronos et d’une seule lanterne que l’on basculait derrière l’un ou l’autre à chaque changement de bobine.


Parallèlement à le mise en route de son industrie, Charles Pathé songa aussi à nommer un Directeur de production pour s’occuper de la réalisation de tous ses films et c’est ainsi que Ferdinand Zecca entra au service de «*Pathé Frères*».
L’empire Pathé prenait de plus en plus d’ampleur : construction de caméras et projecteurs pour les professionnels et les amateurs, fabrication de pellicule, développement et tirage, réalisation et distribution de films de tous genres, etc…
En 1904, Pathé ne vend plus ses films, mais les loue… C’est l’amorce d’une nouvelle activité commerciale qui s’appellera plus tard «*la distribution*».
En 1905, le laboratoire Pathé de Vincennes développe 10.000 mètres de film par jour.
L’année suivante, les nouvelles usines de développement, de tirage et de coloriage par procédé «*Pathécolor*» atteignent 40.000 mètres par jour.
En 1910, 80.000 mètres de film traités sortiront du laboratoire Pathé de Joinville-le-Pont.
Dès 1904-1905, Charles Pathé demande à Continsouza de concevoir et de construire les premières tireuses et développeuses automatiques pour son nouveau laboratoire de Joinville.

Pendant ce temps, les caméras Pathé deviennent rapidement universelles.
Simples et pratiques, elles peuvent dérouler une bobine de 120 mètres logée dans un boîtier extérieur.
C’est une caméra Pathé améliorée, type «*Duval*» modifié, qui donna naissance en 1913 à la caméra Prévost dite «*Pathé Américaine*» que fut tourné «*Naissance d’une nation*» en 1915 et «*Intolérance*» en 1916.


Dès 1912, Charles Pathé inventa un nouveau format réduit : le 28 mm.
...ainsi que le projecteur Pathé Kok, adapté à ce format.
Cet appareil, parfois surnommé « la machine à coudre » était capable de produire son propre courant électrique, grâce à une dynamo actionnée par la même manivelle que celle qui entraînait le film…




Le projecteur Pathé Kok



Pour les «*tourneurs*» qui assuraient les projections dans les campagnes, dépourvues de salles de cinéma, Charles Pathé mit au point le célèbre projecteur Pathé Rural qui fonctionnait avec du film 17,5 (obtenu à partir de bandes 35 mm coupées en deux)




Le Pathé Rural




Film 17,5



Le format 17,5 fut interdit, dès 1939, par l’occupation allemande et les copies furent détruites.

Il ne resta plus qu’à faire appel au 16 mm pour le remplacer.



C’est également Charles Pathé qui eut l’idée dès 1922 de découper trois bandes de 9,5 mm de largeur dans de la pellicule 35 mm, afin d’obtenir un format réduit destiné aux amateurs et dans la foulée il proposa une caméra 9,5 mm d’abord à manivelle, puis entraînée par un moteur à ressort.
Le 9,5 mm fut le premier format réduit (avant le 16 mm, puis le 8 mm et le super-8).
J'ai fait mes premières armes avec ce format et une motocaméra Pathé.








La première caméra 9,5 Pathé à manivelle





Le moteur à ressort adaptable à la caméra à manivelle





La motocaméra Pathé




Lumière, Méliès, Pathé… de grands noms sans qui le cinéma ne serait pas ce qu’il est.
Mais d’autres apportèrent aussi leur science et leur talent à ce septième art qui nous est si cher… Nous les rencontreront prochainement.


Roger CANTO (mcr)

Dernière modification par mcr ; 13/08/2008 à 21h32
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Vieux 11/08/2008, 20h32
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Par défaut Re : Les Jeunes Annees Du Septieme Art.

Impressionnant !
Bravo mcr
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