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Vieux 12/08/2008, 16h47
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Par défaut Les jeunes années du septième art (suite)

Les jeunes années du septième art (suite)





La première partie a relaté les travaux des Frères Lumière, de Georges Méliès et de Charles Pathé.
Voir ici :

http://www.cameravideo.net/forum/faq...tieme-art.html


D’autres précurseurs ont aussi consacré leur vie à ce qui devait devenir par la suite le septième art.


Léon Gaumont


Né le 10 mai 1864 d’un père cocher et d’une mère femme de ménage (on ne disait pas encore «*technicienne de surface*»), il fut obligé de gagner sa vie dès l’âge de 16 ans à la suite des difficultés financières de sa famille. Intéressé par les sciences, il suivit les cours du soir des «*sociétés populaires*» et se fit engager à l’observatoire du Trocadéro où il se fit remarquer par son directeur qui le recommanda à Jules Carpentier, un constructeur d’appareils optiques. (grand-père du futur producteur de télévision Gilbert Carpentier).
Il fonda une société en 1895 : la «*L.Gaumont et Compagnie*», dont le but était de fabriquer et de vendre du matériel cinématographique. C’est à cette époque qu’il choisit la marguerite comme emblème, en souvenir du prénom de sa mère.
Avec la collaboration de Demeny et de Revaux, il construisit en 1896 un appareil servant à la prise de vue et à la projection : «*le Chronophotographe*».
Cet appareil utilisait le principe de la came battante que Demeny avait proposé en vain à Lumière.
Les premiers appareils de ce type fonctionnaient avec une pellicule de 60 mm et servaient à projeter des films d’une trentaine de mètres de longueur au cours des spectacles du Châtelet.




Caméra Gaumont (60 mm)
Photo Jean Collomb




Ce format, qui ne permettait que la projection des films produits par Gaumont, fut remplacé en 1897 par un nouveau modèle acceptant les films de 35 mm.





Caméra Gaumont 35 mm
Photo Jean Collomb



En 1900, Léon Gaumont s’attaqua au format réduit en proposant son «*Chrono de poche*» qui utilisait une pellicule de 15 mm à perforation centrale, mais il n’en vendit que très peu car le marché amateur n’existait pas encore.




Film 15 mm (Chrono de poche)



Deux modèles étaient proposés : l’un à manivelle et le second muni d’un moteur à ressort.




Chrono de poche et Chrono de poche avec moteur



Léon Gaumont s’intéressa aussi à la synchronisation des images et des sons. Dès 1902, il mit au point une caméra couplée avec un enregistreur sur disque : le «*Chronophone*».
Une série de petits films appelés «*phonoscènes*» fut alors réalisée avec cet ensemble et présentée à la Société Française de Photographie en 1903.




Le Chronophone (gravure de 1902)



Il fabriqua aussi un petit appareil appelé «*chef d’orchestre*» qu’il fit breveter en 1906 et qui permettait à l’opérateur projectionniste de maintenir le synchronisme en ralentissant ou en accélérant la vitesse du projecteur.

En 1909, Léon Gaumont décida d’abandonner la came battante de Demeny, qui n’était pas assez fiable, pour la remplacer par un entraînement à griffes dans les caméras et à croix de Malte pour les projecteurs.

La firme à la marguerite étant alors à son apogée (fabrication de matériel, usines de développement et de tirage, atelier de coloriage), il ne lui restait plus qu’à développer le dernier maillon : celui de l’exploitation.
Léon Gaumont s‘organisa alors pour monter un réseau de salles de projection et décida d‘acheter l‘hippodrome de la place Clichy pour en faire un véritable palais du cinéma, de 5000 places : le Gaumont-Palace, inauguré le 11 octobre 1911.




Le Gaumont Palace



En 1913, Léon Gaumont fit mettre au point par L.R. Decaux et Ch. Lemoine une caméra permettant la prise de vue en couleurs.
D’abord bichrome, puis trichrome, cette caméra a permis de filmer le défilé de
la victoire en juillet 1919.
Ce procédé, appelé «*chronochrome*», ne pouvant être exploité que dans des salles spécialement équipées, a été abandonné en 1921.




La caméra Chronochrome Gaumont



Après de multiples travaux sur l’enregistrement sonore (Cinéphone, puis procédé Gaumont-Petersen-Poulsen), la société Gaumont abandonna les recherches techniques et ne se consacra plus qu’à la production de films qui se continue encore de nos jours.












André Debrie



Encore un pionnier dont le nom est étroitement lié à l’histoire du cinéma.
Célèbre fabricant de caméras, projecteurs, tireuses et développeuses encore en service dans les laboratoires.

En 1891, le père d’André, Joseph Debrie travaillait dans une petite entreprise de chaudronnerie, spécialisée dans la fabrication de machines à découper et perforer la tôle.
Un jour, son patron lui dit :
- Il y a un fou, un nommé Reulos, qui veut ouvrir une salle de cinéma.

Comme à cette époque les films loués aux exploitants de salles n’avaient pas de perforations car les projecteurs n’étaient pas encore normalisés, Reulos demanda au patron de Joseph Debrie de lui fabriquer une machine à perforer les films.
Joseph en a mis au point une qui a fait l’admiration de Mélies. Devant la demande qui devenait de plus en plus importante, Joseph quitta l’entreprise où il travaillait et fonda sa propre société.
André, contrairement à son père était un intellectuel (Il a préparé Centrale et Polytechnique). Très vite il mit ses connaissances au service de l’entreprise de son père.
Bien avant qu’il reprenne la direction de la maison, en 1919, il inventa et développa tout le merveilleux matériel qui fit la gloire de l’industrie cinématographique française dans le monde entier.

Après avoir mis au point la première machine à tirer les films, en 1902, il a conçu une caméra qui a été vendue pendant 50 ans en France et à l’étranger : la Parvo




La Debrie Parvo



Elle fut équipée d’un moteur électrique en 1930.







En 1911, André Debrie construisit, pour le procédé anglais KINEMACOLOR, un projecteur faisant défiler le film à 32 images/sec avec un obturateur passant successivement un filtre vert et un filtre rouge.




Film KINEMACOLOR (en réalité, le film est en noir et blanc et ce sont les filtres qui ajoutent les couleurs)




Ce projecteur KINEMACOLOR comportait un mécanisme à batteur qui fut repris en 1928 pour le premier appareil portatif 35 mm : le JACKY.




Le JACKY




Intérieur du projecteur JACKY



En 1933, André Debrie lanca la «*Super-Parvo*» 300 mètres, insonore




La caméra Super Parvo
Photo Jean Collomb



En 1935, à la demande des frères Lumière, il mit au point un appareil de prise de vue pour films en relief (à défilement horizontal, comme les caméras Vistavision).

1950, une nouvelle machine permettant le réduction optique du 35 vers le 16 mm avec impression simultanée des sous-titres.

1951, sortie d’une nouvelle développeuse à chargement automatique type DVC, qu’André Debrie baptise «*l’Aiglonne*».

1953, à la demande de la télévision, construction d’un projecteur 16 mm double bande.

1954, sortie du célèbre projecteur 16 mm, type MB 15, qui fut vendu dans le monde entier.




Le projecteur 16 mm Debrie MB 15



1960, Fabrication d’une caméra VistaVision qui pour le première fois avait une reprise vidéo par tube Vidicon noir et blanc.

1962, Sortie de la SINMOR, caméra de reportage 16 mm, auto silencieuse, qui permettait l’enregistrement du son sur une piste magnétique couchée sur la pellicule.

1964, encore une nouvelle caméra 16 mm de reportage, la CX 16, fonctionnant sur batterie.

1965, sortie d’une développeuse compacte pour films couleurs.








André Debrie est décédé en 1967 et ce fut une grande perte pour la profession cinématographique.




Roger CANTO (mcr)

Dernière modification par mcr ; 13/08/2008 à 20h12
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