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| Les mécanismes des caméras et projecteurs Beaucoup de ceux qui fréquentent le forum consacré au film argentique cherchent à remettre en état le matériel retrouvé à la cave ou au grenier... À leur intention, nous allons voir aujourd’hui comment se présentent les mécanismes des caméras et des projecteurs. Comme tout le monde le sait, une caméra comporte essentiellement un mécanisme d’entraînement saccadé destiné à communiquer au film un mouvement d’avance intermittente dans le couloir de prise de vue ; couplé synchroniquement avec ce mécanisme, un obturateur masque le film à chaque escamotage, tandis que des débiteurs dentés assurent d’une part l’amenée du film au couloir, d’autre part la retenue du film avant son réenroulement par un dispositif de friction. Deux boucles ménagées de chaque côté du couloir de prise de vue assurent l’indépendance de l’entraînement saccadé par rapport au mouvement continu communiqué par les débiteurs. ![]() Sur ce schéma, on peut voir : L’obturateur OB La griffe G Les débiteurs D1 et D2 Certaines caméras sont conçues pour recevoir du film en chargeur, à la place des bobines. Pour les formats réduits (sauf le 16 mm), il n’y a pas de débiteurs et l’entraînement de la pellicule est assuré par la griffe seule. C’est le cas des caméras Super-8. Enfin, les anciennes double-8 étaient aussi dépourvues de débiteurs, malgré l’utilisation de film en bobines. Cela se justifiait par la faible longueur de pellicule à entraîner (7 m 50 seulement). Deux double-8 seulement comportaient des débiteurs : La Paillard-Bolex H 8 (une 16 mm modifiée) et la LD 8 (un modèle exceptionnel fabriqué à Pau par Pierre LEVEQUE). Pour les caméras de tous formats, les 35 mm comprises, c’est l’entraînement par griffe qui est utilisé… Nous verrons plus loin que pour les projecteurs, la griffe n’a été conservée que pour les appareils de format réduit (du 8 mm au 16 mm). Les 35 mm qui équipent nos salles sont tous équipés d’un entraînement à croix de Malte. Mécanismes à mouvements séparés Ils reposent essentiellement sur les propriétés de la came triangulaire Trézel, laquelle, en tournant autour de l’un de ses centres, présente un écartement constant entre tout couple de tangentes parallèles. La figure ci-dessous en montre le principe : ![]() C’est cette came qui avait été utilisée par Louis Lumière pour son Cinématographe et c’est également celle-ci qui assuraient la fixité exemplaire des célèbres caméras « Filmo » de Bell et Howell. ![]() La Filmo de Bell et Howell ![]() Principe du mécanisme de la Filmo On remarque, sur le schéma ci-dessus, que les griffes sont portées à l’extrémité d’un cadre rectangulaire disposé à côté du couloir, de prise de vue ; ce cadre coulisse par deux œilletons sur une tige soigneusement calibrée et les mouvements de descente et remontée sont obtenus à partir d’une came triangulaire Trézel entraînée en rotation continue par l’axe du mécanisme ; les mouvements d’engagement et de retrait des griffes sont commandés par basculement du cadre, lequel appuie par deux bossages sur un disque à rampe entraîné par le même axe. D’autres mécanismes à mouvements séparés utilisent un double excentrique où le levier porte griffe pivote à son extrémité sur l’un des excentriques qui lui communique le mouvement d’engagement et de retrait ; le second excentrique, couplé par un engrenage au premier, est engagé dans une rainure du levier et assure le mouvement de descente et de remontée. Voir schéma ci-dessous : ![]() Les mécanismes à mouvements combinés Le déplacement de la griffe dans les deux sens : descente et engagement peut être obtenu à partir d’un mécanisme unique, à condition d’accepter un trajet qui s’éloigne légèrement du rectangle théorique. Le type le plus courant de cette catégorie est le système à bielle-manivelle que l’on trouve sur la grande majorité des caméras de format réduit. Comme on peut le remarquer sur le schéma ci-dessous, le chemin parcouru par la griffe n’est plus rectangulaire, mais convient cependant très bien pour entraîner le film. ![]() Le mécanisme à bielle-manivelle de la Kodak Special Les mécanismes à mouvements combinés peuvent aussi mettre à profit les propriétés de la came Trézel, comme le montre le document ci-dessous qui schématise le mécanisme à contre-griffe de la caméra 16 mm professionnelle Mitchell. C’est un jeu d’engrenages, au rapport 1/1 qui assure, grâce à une seconde came, la commande du mouvement alternatif de la contre-griffe de fixité. ![]() Les mécanismes à simple descente Cette troisième classe de mécanisme est celle qui correspond au mode de réalisation le plus sommaire ; la griffe d’entraînement n’est animée que d’un mouvement vertical de descente et de remontée, soit à partir d’un cadre à came Trézel, soit à partir d’un plateau à excentrique. Un ressort très léger appuie continuellement la griffe sur le film ; dans le mouvement de descente, le bec de griffe est engagé dans une perforation et entraîne le film ; à la remontée, c’est l’arrondi de la tête de griffe qui assure le dégagement automatique de la perforation et le glissement sur le support. La figure ci-dessous montre la disposition réalisée dans le chargeur de la caméra Pathé-Wébo A. ![]() Mécanismes à griffe escamotable Pour faciliter le chargement, la célèbre caméra Pathé-Wébo M réflexe comporte un mécanisme de griffe implanté dans le corps du presseur. Ce dernier pivote sur l’axe qui sert à l’entraînement de l’excentrique de la griffe à bielle-manivelle, en sorte que la griffe est automatiquement dégagée lorsque le presseur est ouvert. ![]() Les débiteurs Les caméras qui en sont munies sont de deux types : - Les caméras à double débiteurs (l’un à l’entrée du couloir, l’autre à sa sortie) - Les caméras à débiteur unique (le film passe deux fois sur le même débiteur) Voir schéma ci-dessous : ![]() L'entraînement du film dans les projecteurs Comme cela a déjà été précisé au début de cette étude, les projecteurs destinés aux films réduits, du 8 mm au 16 mm, sont équipés d’un système d’entraînement du film à griffes (excepté quelques rares modèles, comme les Hortson 16 mm et les Lapierre 9,5 et 8 mm). Le principe est exactement le même que pour les caméras, excepté le fait que les projecteurs sont pratiquement tous munis d’une double griffe et parfois même d’une griffe triple (comme sur le Heurtier Tri-films). C’est dans le but de ménager la pellicule que cette précaution a été prise (un film ne passe qu’une seule fois dans une caméra ; alors qu’il peut passer des centaines de fois dans le projecteur). Tous les projecteurs 35 mm actuels sont à croix de Malte. L’animation ci-dessous permet facilement d’en comprendre le principe : Un débiteur à 16 dents est entraîné par quart de tours par la croix de Malte déplacée par l’ergot solidaire de l’axe moteur. Comme en 35 mm chaque image s’étend sur quatre perforations, chaque quart de tour fait avancer le film d’une image. Entre chaque rotation, la croix de Malte est maintenue stable par un plateau circulaire. ![]() ![]() L'entraînement du film dans un projecteur 35 mm 1 Débiteur supérieur 2 Boucle supérieure 3 Couloir, presseur et fenêtre de projection 4 Arrière de l’objectif de projection 5 Débiteur de croix de Malte 6 Boucle inférieure 7 Débiteur inférieur 8 Lecteur de son optique Dernière modification par mcr 03/07/2006 à 10h04. |
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| Mots-clés: cameras, mecanismes, projecteurs |
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