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| Le relief au cinéma Pour qu’un spectateur puisse avoir la sensation du relief, il faut qu’il puisse avoir la perception simultanée de deux images différentes par chacun de ses yeux. C’est sur ce principe que fonctionnaient les anciens « stéréoscopes » qui apparurent dès les premiers temps de la photographie. ![]() Ancien stéréoscope pour vues sur carton ![]() Appareil photographique Richard pour vues stéréoscopiques ![]() Le célèbre stéréoscope Richard (avec quelques boîtes de couples stéréoscopiques ![]() Une ancienne plaque stéréoscopique ![]() Le stéréoclic, un stéréoscope moderne ![]() Une stéréocarte de 8 vues pour stéréoclic On peut aussi arriver à faire voir par chaque œil l’image qui lui est destinée, en utilisant des lunettes à filtres colorés de couleur complémentaire. C’est le procédé des « anaglyphes » ![]() Un anaglyphe Pour que chaque œil voit l’image qui lui est destinée, au cinéma, il faut soit truquer l’écran, soit truquer les yeux des spectateurs par le port d’une paire de lunettes. Théoriquement, la solution de la sélection à distance par un écran spécial est la plus séduisante. Dans le procédé Savoye, connu sous ne nom d’écran cyclostéréoscopique, une grille disposée devant l’écran pour séparer l’image droite de l’image gauche, serait rendue invisible par rotation. Trop compliquée, cette méthode fut abandonnée. En mai 1955, Alexandre Filippi et Colas avaient présenté à la Biennale un écran, nommé Filcorelief, qui malheureusement est resté à l’état de prototype. De même, les écrans optiques à réseau réflectoréfringeants sont tombés dans l’oubli à cause des difficultés d’installation. Pourtant, ces écrans offrent l’avantage d’absorber peu de lumière et de ne pas altérer les couleurs. Pratiquement, les procédés de cinéma en relief par lunettes de polarisation sont les seuls acceptables pour l’exploitation, en raison de leur facilité d’emploi. Primitivement, on avait pensé aux procédés par lunettes anaglyphiques, mais elles fatiguent énormément la vue car les yeux ne s’accommodent pas de voir simultanément et indépendamment deux couleurs complémentaires sans en ressentir une grande fatigue, source de maux de tête. En 1936, Maury et Houssin avaient proposé un procédé à lunettes clignotantes. Dans ce cas, la caméra enregistre alternativement l’image droite et l’image gauche et à la projection, on utilise une paire de lunettes dont le clignotement alternatif droit et gauche est synchronisé avec le déroulement de la pellicule dans le projecteur. Ce procédé n’a pas été exploité à cause des difficultés rencontrées pour synchroniser les lunettes avec le projecteur, mais aussi à cause du bruit qu’elles émettent… Bien que très faible pour un seul spectateur, il atteint celui d’un essaim d’abeilles dans une salle pleine. Le cinéma d’amateurs n’a pas échappé aux tentatives de projection en relief, car la société suisse Kern-Paillard a mis au point deux objectifs groupés pouvant se monter sur une caméra 16 mm, grâce à la monture C… Un objectif spécial, le « Ciné-Stéréo G » était alors placé sur le projecteur. Les deux images occupaient la même surface que l’image 16 mm normale, ce qui réduisait forcément la définition. La firme Murray, célèbre pour ses visionneuses, a proposé également un bloc optique à monter devant les objectifs 25 mm des caméras 16 mm, mais aussi devant l’optique du projecteur. Toujours dans le domaine du cinéma d’amateurs, un procédé de pseudo-stéréoscopie a été exploité par le « Spacial », procédé belge de A.F. Matagne. Si, dans un stéréoscope, on fait voir aux deux yeux la même image (préalablement dédoublée), on a la surprise de la voir en relief. On appelle cela « pseudo-stéréoscopie ». Cette sensation de relief, bien réelle, quoique moins sensible qu’en « vraie » stéréoscopie, est provoquée par le fait que les deux yeux ont alors des axes parallèles, comme s’ils regardaient à l’infini. La « vraie » stéréoscopie restitue le relief en donnant à chaque œil du spectateur l’image qui lui convient avec sa « parallaxe ». Or, il existe un autre facteur de relief que la parallaxe des yeux : c'est la « fonction télémétrique » des yeux. Donc, si on reconstitue la fonction télémétrique des yeux dans une projection, on retrouve la sensation de distance de chaque objet et par suite le « relief ». Il s’est avéré que cette fonction télémétrique des yeux peut être reconstituée par une image seule, qui aura été artificiellement «dédoublée» pour sa projection. C’est sur ce principe qu’était basé le « Diaposcope » Lumière, qui permettait de voir n’importe quelle diapositive en relief en dédoublant l’image à l’aide de miroirs. ![]() Le Diaposcope Lumière On peut signaler aussi la « biloupe » de Dodin, qui dédouble l’image à l’aide de prismes. L’originalité du procédé Spacial est de se servir du dédoublement d’image, non pour l’observation directe et individuelle, mais pour la projection et l’observation collective. Avec ce procédé, n’importe quel film de n’importe quel format peut être vu en relief… Il est surprenant qu’aucun constructeur n’ait pensé à proposer un dispositif optique semblable à celui du Spacial, mais pouvant s’adapter à un vidéo-projecteur, pour permettre une projection en pseudo-stéréoscopie, donc en « relief ». (Peut-être y a-t-il un problème de brevets) Comme tout le monde l’a certainement déjà compris, le Spacial utilise la polarisation de la lumière pour séparer les deux images et, comme pour une projection stéréoscopique normale, nécessite le port de lunettes munies de filtres polarisants croisés. Il impose aussi l’utilisation d’un écran ne dépolarisant pas la lumière… Les écrans perlés sont donc à proscrire. Les hologrammes étant capables de donner un vrai relief, on a pensé à la mise au point d’un « cinéma holographique ». Une première mondiale s’est déroulée le 22 avril 1982, à la fondation Hugot du Collège de France… Claudine Eizykman et Guy Fihman ont monté le premier spectacle holographique, intitulé « Vols d'oiseaux »… Il a été élaboré au laboratoire d'optique de Besançon, affilié au CNRS. Enregistré sur plaque de verre, c'est une sorte d'animation, puisque l'objet holographié n'est pas un véritable oiseau en vol, mais la série des figurines de goélands en bronze de Marey conservées au Collège de France. La plaque écran fait 50 x 60 cm. Vingt images ont été enregistrées sur ce support alors que les expérimentateurs antérieurs n'avaient pu atteindre que sept positions différentes au maximum. Dans les excellentes conditions de vision de l'époque, sept ou huit spectateurs ont pu voir le goéland avancer quelques secondes du fond de l'image vers l'avant, de plusieurs mètres jusqu'à quelques centimètres. En 1985 au CESTA (Centre d'étude des systèmes et des technologies avancées), on a expérimenté un prototype, fabriqué à partir d'un appareil pour prises de vues aériennes qui utilise une pellicule géante de 126 mm, sans perforations et se déplaçant en continu (ce sont les pulsions du laser qui individualisent chaque prise et non le jeu de l'obturateur). Les travaux se poursuivent actuellement. L’étape suivante consistera sans doute à projeter l'holofilm au lieu de devoir l'observer directement sur le support. Cependant, on n’est pas certain d’y arriver, car chaque avancée nouvelle demande la construction du matériel nécessaire à l'expérimentation et les crédits des laboratoires universitaires ne sont jamais bien importants. Nous sommes encore certainement très loin de voir du cinéma holographique projeté dans les salles. Dernière modification par mcr ; 29/01/2006 à 20h33. |
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| Tags: cinema, relief |
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