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Vieux 28/07/2005, 22h38
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Par défaut Histoire du son au cinéma

Histoire du son au cinéma



Les débuts


Le cinéma n'a jamais été silencieux. Au début du vingtième siècle les premiers films muets étaient bruités par le public lui même qui réagissait énormément aux toutes premières projections. L'émotion naissait autant par l'image que par l'ambiance sonore qui régnait dans la salle.
Mais ce public très enthousiaste du début a fini par se calmer un peu et c'est alors que sont apparus les premiers musiciens dans les salles de cinéma. Certains grands compositeurs de l'époque écrivaient même de véritables "bandes originales". Mais les orchestres sont coûteux… C'est dans ce contexte qu'apparut l'orgue de cinéma, qui s'avéra très adapté. Un seul musicien s'occupait de la musique mais surtout cet instrument contenait quelques bruitages. En effet il n'était pas rare de voir un orgue de cinéma comportant des klaxons de voiture, des sirènes, ou capable même de reproduire l'orage.
Le Gaumont Palace, à Paris, possédait le plus grand orgue de cinéma du monde.



Le Gaumont Palace





Tommy Desserre qui fut organiste au Gaumont Palace pendant 30 ans.


Mais très vite on chercha à rendre le film « parlant », comme on disait autrefois. Plusieurs chercheurs tentèrent diverses méthodes pour synchroniser le son et l’image.
Henri Joly, autodidacte et inventeur infatigable, après des déboires avec Charles Pathé au sujet d’un prototype de caméra, mit au point en 1900 un assemblage reliant un projecteur et un phonographe. Il lui donna le nom de Phono-Cinématographe.
Un astucieux petit dispositif permettait de maintenir le synchronisme entre les vitesses des deux appareils.
Obligé de faire appel à un fabricant, Georges Mendel, il lui vendit son procédé, ce qui eut pour effet de permettre à Mendel de s’en faire passer pour l’inventeur.
Au cours de l’exposition universelle de 1900, au Théâtre de la grande roue, les visiteurs purent voir un film intitulé « Lolotte », qui a sans doute été le premier film parlant.

Exactement au même moment, Léon Gaumont a travaillé dans le même sens que Joly et a mis au point son CHRONOPHONE.
La ressemblance entre les deux procédés est telle que l’on peut se demander qui a copié l’autre.



Le chronophone Gaumont de 1902



Le chronophone Gaumont de 1910


Georges Mendel, pendant ce temps, construisit divers appareils tendant à perfectionner le système Joly et, avec l’aide de Mollier, il mit au point un amplificateur à air comprimé appelé « Tonnerre ».
Toujours pour Mendel, Mollier construisit aussi un phonographe à double plateau permettant de sonoriser les scènes les plus longues.
C’était une encoche sur le bord du film qui déclenchait le passage d’un phonographe à l’autre.

Mais la solution idéale pour avoir un synchronisme parfait entre le son et l’image a été trouvée par Eugène LAUSTE, qui réussit à construire une caméra permettant d’enregistrer en même temps le son et l’image, ainsi qu’un projecteur adapté à son système de son optique.






Eugène LAUSTE fait partie des grands créateurs du cinéma parlant, trop souvent ignorés dans la plupart des livres sur le cinéma.
Il a dû partir aux Etats-Unis dans les années 1890 et collabora avec DICKSON et EDISON à l’élaboration du premier KINETOSCOPE.
En 1904, il étudia un ensemble d’appareils enregistrant les images et les sons sur la même pellicule négative. C’est en août 1907 qu’il déposa en Angleterre le brevet N° 18 057 décrivant « une méthode nouvelle pour la prise et la reproduction simultanée des mouvements et des sons ».

De 1908 à 1910, il mit au point avec Rhumer divers types de modulateurs pour les enregistrements des sons sur une pellicule photochimique. D’abord un système à densité variable, puis un autre à densité fixe.
On peut dire que c’est à partir de 1910 qu’il a définitivement mené à terme ses travaux sur le « son optique ».



Caméra sonore Lauste



Projecteur sonore Lauste (la lanterne du bas servait à éclairer la cellule)



Film sonore optique Lauste (la piste sonore est aussi large que la partie réservée aux images)


Hélas, le son ne pouvait s’entendre qu’avec un casque car à cette époque il n’y avait pas encore de lampes amplificatrices. C’est Lee de FOREST qui mit au point en 1915, aux Etats-Unis, les lampes AUDION permettant l’amplification.

Le 6 octobre 1927 eu lieu la sortie du film de Warner Bross « Le chanteur de Jazz ».
Les premiers films sonores sont plus expérimentaux que réellement destinés à faire rêver le public, mais une fois la technique bien au point on assiste vers 1935 à de vrais films chargés d'émotions humaines. En 1928, le dessin animé de Disney « Steamboat Willie » est le premier film dont la bande son est entièrement enregistrée en post production et, en plus des dialogues, elle comprend de la musique et des bruitages.



Les différentes pistes optiques (celle de gauche n'est plus utilisée de nos jours)



Les lecteurs de son optique


Le surround ou son multicanal


Surround vient de l'anglais « to surround » (entourer). On décrit par ce terme les systèmes son qui utilisent plus de deux canaux son. Cela permet une meilleure reproduction sonore. Cette technique est basée sur la réalité, l'idée vient du fait que le champ de vision est limité mais le son lui nous parvient de tous les côtés. Ainsi le son multicanal permet une spatialisation à 360° grâce à une diffusion multilatérale de ses multiples canaux.
Cette technique permet au cinéma, par exemple, beaucoup plus de liberté. On peut entendre ce qui n'est pas montré, mais surtout on peut le placer dans l'espace.
On distingue deux techniques différentes de mixage :
• Soit une reproduction fidèle de la réalité
• Soit une spatialisation irréelle des différents événements sonores. Le son multicanal devient alors un instrument de création. (exemple: mixage musical, une batterie dont on entend la caisse claire à notre droite, la grosse caisse derrière nous, et la cymbale charleston à notre gauche et derrière nous).
Il existe beaucoup de format mais la configuration la plus répandue est celle appellée 5.1. Cela représente cinq canaux large bande: 20Hz-20kHz plus un canal de bande passante réduite: 20Hz-120Hz qui est une extension basses fréquences (LFE= Low Fréquences Effects)


Du 4.0 au 5.1


Du 4.0 au 5.1 :

Le Dolby stéréo apparaît en 1965 grâce à l'ingénieur physicien américain Ray Dolby. Le premier produit développé par la firme fut le "Dolby A" qui est un réducteur de souffle utilisé pour la première fois par Stanley Kubrick en 1971 dans Orange mécanique.
En 1977 Star Wars est le premier film a utiliser le "Dolby Stéréo", c'est-à-dire trois enceintes derrière l'écran (gauche, centre, droite) avec des canaux différents et un canal pour deux enceintes "surround".
Ces quatre canaux sont encodés de manière à pouvoir être couchés sur les deux pistes de la pellicule 35mm. On peut désormais avoir du "Dolby stéréo" à partir de n'importe quel support stéréo si l'on possède le décodeur Dolby stéréo.
"Dolby surround" n'est que l'appellation "grand public" du Dolby stéréo qui est plus professionnel.

Le "Dolby surround pro-logic" utilise à peu près le même système que le "Dolby Stéréo" mais y ajoute un filtre à 120Hz qui permet de passer les basses fréquences dans un canal dédié à une enceinte "sub-basses".
Le "Dolby surround pro-logic II" permet lui de désactiver le filtre à 120Hz ce qui est très utile pour écouter de la musique en surround. Il offre également pour la première fois deux canaux séparés pour le surround. La stéréo apparaît enfin dans le surround. Tous ces formats sont toujours encodés sur deux pistes stéréo et décodés lors de la projection.
Vient ensuite le format connu par le grand public comme le "Dolby digital" qui utilise le principe de codage AC-3 (Audio Coding 3) et est parfois désigné sous se nom. Ce système de codage permet d'augmenter la compression du son numérique. Ainsi le "Dolby digital", appelé au début SR-D (Spectral Recording Digital), se trouve sur une piste numérique entre les perforations de la pellicule. On laisse toujours sur les pistes son de la pellicule le codage du "Dolby stéréo" pour les salles non équipées en "Dolby digital".
Ce format a été crée en 1991 et apparaît pour la première fois dans le film Batman the return. l'AC-3 est très souple il va de la mono au 5.1, propose plusieurs fréquences d'échantillonnage (32K, 44.1K ou 48K Hz) et des taux de transfert variable (de 32 à 640 Kb/s). La plupart des productions codées en "Dolby digital" le sont en 384 Kb/s.
Les canaux sont complètement indépendants et c'est le premier système réellement 5.1.
En 1995 pour le grand public le "SR-D" devient "Dolby digital" et apparaît dans les salons.

La société DTS (Digital Theater System) fondée par Terry Beard a été introduite dans l'industrie du cinéma en 1993 par Steven Spielberg et les studios Universal pour le film Jurassic Park
Le "DTS" est un format très souple, il peut posséder de 1 à 10 canaux (seulement 6 pour le "Dolby digital"), permet des fréquences d'échantillonnage de 8K à 192K Hz, une précision de 16 à 24 bit et un débit qui varie de 32 Kb/s à 4.144 Mb/s.
Pour le cinéma lors de la projection c'est la piste du time code présent sur la pellicule qui déclenche la lecture de cd-rom où se trouvent les pistes DTS. Le "DTS" n'est pas compressé et apporte une restitution meilleure que le Dolby. Une autre différence par rapport au "Dolby digital" est le sub qui est coupé à 80 Hz chez DTS et 120 Hz chez Dolby. Toutefois il est à noter que pour le format DTS DVD-Vidéo le sub est également coupé à 120 Hz et non plus à 80 Hz.


Les formats 6.1


Dolby digital surround EX:
Ce sont « Dolby laboratoire » inc. et « Lucas films THX » qui créent le « Dolby digital surround EX ». Ce format apparaît en 1999 sur le film « Stars War épisode II ».
Un troisième canal surround central est rajouté. Cette voie n'est que le résultat d'un matriçage à l'encodage (il tient donc sur deux voies stéréo de la pellicule) mais ce format
est également compatible en Dolby digital inscrit sur les pistes numériques de la pellicule.
Une version grand public du "Dolby digital surround EX" s'appelle "THX ultra surround EX". La différence est que THX contrairement a Dolby préconise deux enceintes pour le Back surround et est donc nommé à tord 7.1. Le matriçage dans les deux appellations est identique, à la différence que, pour le "THX ultra surround EX" le back surround est légèrement filtré dans les aiguës pour plus de réalisme et moins d'agressivité.



DTS ES et DTS ES Matrix 6.1


"DTS ES matrix 6.1" est l'appellation grand public du "DTS ES" appellation plus professionnelle.
La voie supplémentaire du Back Surround est le résultat d'un matriçage à l'encodage. Il n'y a donc que six voies réelles.



DTS ES discrète 6.1


Ce format est le seul vrai 6.1. Il possède 7 canaux (indépendants les un des autres), le back surround n'est plus le résultat d'un matriçage.
Ce format n'est disponible que pour les DVD vidéo mais devrait bientôt apparaître au cinéma. Il existe un "DTS ES néo 6.1" qui permet de lire le back Surround sur les enceintes surround stéréo dans un système 5.1.



Les formats 7.1


Le "SDDS" (Sony Dynamique Digital Surround) a été développé par Sony qui est propriétaire des studios Columbia. Ce format a été développé pour les écrans géants (+20m de large), il comprend 5 enceintes à l'avant pour permettre de récupérer une stéréo qui avait tendance à disparaître sur autant de surface. Ce format est inscrit sur deux pistes numériques entre les perforations et le bord de la pellicule.









Si Saint kro, notre grand spécialiste du son, désire compléter cet article, ou bien corriger une erreur, qu'il n'hésite pas à le faire.

Dernière modification par mcr 29/07/2005 à 08h24.
  #2  
Vieux 28/07/2005, 23h54
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Moi je voudrai juste corriger une petite erreur en marge : Le nom de "Charley Stone".

C'est un terme tout à fait incorrect pour désigner la cymbale charleston (du nom de la danse lui même issu du nom de la ville de Charlestown en Caroline du sud aux USA). Vraisemblablement parce qu'elle a commencé à être utilisée dans ce type de musique.

Les américains l'appellent aussi "Hi-hat" Et en France les ingénieurs du son et les musiciens ont coutume de la raccourcir en l'appellant "Charley" parce que c'est moins long à écrire et que ca tient dans la place impartie sur un scotch collé sur une console de mixage.
C'est sans doute de la que vient ton appellation erronée. Mais je te rassure : tu n'est pas le seul.

Voilà ! Ca faisait longtemps que ca me faisait souffrir de voir ce nom écorché.

A+
  #3  
Vieux 29/07/2005, 08h24
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Merci pour cette précision, j'ai corrigé l'erreur.

Amicalement.
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