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Vieux 30/07/2005, 18h18
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Par défaut Histoire du son au cinéma (2)

Histoire du son au cinéma

La synchronisations images-son
et les méthodes artisanales utilisées par les cinéastes amateurs d'autrefois


Depuis que le cinéma est devenu sonore, les cinéastes amateurs ne se contentèrent plus d’une projection muette.
Simple disque passé sur le phonographe familial au début, puis recherche d’une sonorisation plus évoluée lorsque les premiers magnétophones apparurent.
Très vite, la nécessité d’une synchronisation entre le projecteur et le magnétophone se fit sentir, ce qui entraîna la mise sur le marché de systèmes plus ou moins complexes permettant d’assujettir la vitesse du projecteur à celle du magnétophone.


Utilisation de procédés stroboscopiques


Dans les premiers temps, aucune liaison entre les deux appareils n’était utilisée ; c’est le projectionniste qui agissait sur la vitesse du projecteur en s’aidant d’un stroboscope, de façon à maintenir un synchronisme approximatif… Il n’était pas question de faire du labial, mais cela suffisait pour que les bruitages et la musique correspondent aux images qui se déroulaient sur l’écran.


On a commencé par imaginer de placer un disque stroboscopique sur l’un des débiteurs du projecteur, pour maintenir sa vitesse aussi constante que possible grâce à la fréquence du courant alternatif. Une petite lampe (au néon de préférence) éclairait le disque sans envoyer de lumière vers l’écran.
Il suffisait alors d’agir sur le rhéostat commandant la vitesse du projecteur de façon à maintenir les barres du disque immobiles.


Voici l’un de ces disques, prévu pour le 50 périodes






On peut remarquer que le disque stroboscopique comporte deux rangées de traits : l’une pour le 24 im/sec et l’autre pour le 16 im/sec. (Le 18 im/sec n’existait pas encore, il est apparu au moment de l’arrivée du Super-8).

Cette méthode de stabilisation de la vitesse du projecteur entraîne forcément un glissement, puisqu’elle est totalement indépendante de la vitesse du magnétophone.
Pour y remédier, on a inventé la bande magnétique stroboscopique.
C’était une bande au dos de laquelle étaient imprimées des barres qui permettaient une stabilisation de la vitesse du projecteur en fonction de la pulsation de la lumière sortant de l’objectif.
Il suffisait de placer un petit miroir sur le bord du faisceau, comme le montre le schéma ci-dessous, et le projectionniste n’avait plus qu’à agir sur la vitesse du projecteur de telle façon que les barres de la bande magnétique paraissent immobiles.





Ce procédé donnait une meilleure synchronisation, parce que la vitesse du projecteur était réglée sur celle de la bande défilant dans le magnétophone.


Les anglais ont mis au point un procédé voisin, dispensant d’utiliser une bande magnétique spéciale, grâce à un disque stroboscopique entraîné par le magnétophone.







Dans les premières années du cinéma d’amateur, il fut très prisé d’illustrer des chansons avec les images d’un film. On appelait cela « La chanson filmée »…C’est également le procédé stroboscopique qui permettait de maintenir un synchronisme suffisant. Un stroboscope était placé sur le disque et éclairé par la lumière du projecteur, comme dans l’exemple précédent.






Ce stroboscope est prévu pour les trois principales vitesses de rotation des disques


Voici un tableau, paru dans une revue destinée aux cinéastes amateurs de l’époque, leur permettant de construire eux-mêmes leur stroboscope :






Utilisation d'un asservissement mécanique


Pour permettre une meilleure synchronisation, certains constructeurs de projecteurs d’amateurs proposèrent des systèmes d’asservissement mécaniques entre le magnétophone et le projecteur… Cela ne permettait toujours pas de faire du labial, mais cela dispensait d’avoir à agir manuellement sur la vitesse du projecteur.

L'ensemble Movilux-Movifon exigeait l’utilisation de deux appareils prévus pour fonctionner ensemble, car entraînés par un même moteur (un axe reliait le projecteur au magnétophone).



Le Movilux relié au Movifon par un axe


Le Synchro Paillard M8, par contre, pouvait s’adapter à n’importe quel magnétophone, mais exigeait d’utilisation d’un projecteur M8.



Synchro Paillard M8


Basé sur le même principe aussi, L'Electro Synchro Polydine
Cette fois-ci, c’est le magnétophone qui est imposé (seul le modèle Polydine convient)





Utilisation d'un asservissement électromécanique


C’est la bande magnétique qui agit sur un mécanisme, fixé au projecteur, en se tendant plus ou moins. Si celui-ci a tendance à accélérer, la tension de la bande commande un rhéostat qui le fait ralentir… et vice versa.


Ce procédé a été utilisé par Eumig pour certains de ses projecteurs 8 mm :



Eumig P 8 Impérial


Ainsi que par Cinéric (une marque qui rappellera certains souvenirs aux plus anciens)



Le Cinéric 8


Les procédés double-bande


Il sont beaucoup plus intéressants, car ils permettent le synchronisme labial.
Le principe consiste à utiliser un film magnétique (du même format que le film image), qui est enregistré (et lu) par un projecteur spécialement conçu pour cela.
L’image ci-dessous montre un projecteur 16 mm Debrie double bande.




Le Debrie double-bande


C’est à ce procédé que font encore appel certains cinéastes qui filment aujourd’hui en Super-16 car, comme nous l’avons déjà vu, le Super-16 ne possède pas de piste sonore. (Il sert habituellement soit pour le tournage de téléfilms, soit pour un « gonflage » postérieur en 35 mm… mais certains l’utilisent aussi en inversible pour la splendide image qu’il donne et le sonorisent alors en double bande).


L'arrivée du film sonore magnétique pour les amateurs


On serait tenté de penser que tous les procédés de synchronisation, plus ou moins aléatoires, disparaîtraient avec l’arrivée des films comportant une piste magnétique et des projecteurs allant avec… C’est vrai pour la projection ; mais pas pour la prise de vue.
Si on désire tourner en son synchrone, il reste maintenant à asservir la caméra et l’enregistreur.

Certes, on nous a proposé, il y a quelques années de splendides caméras sonores capables d’enregistrer sur une piste couchée sur le film lui-même, comme cette splendide Beaulieu 6008 S






Mais les chargeurs Super-8 sonores Ektasound n’existent plus… dangereux pour l’environnement, as-t-on affirmé.
Ne le regrettons pas, c’était la plus mauvaise façon de filmer en sonore, d’une part parce que l’enregistrement s’arrête dès que l’on cesse de filmer et on risque de le regretter au montage ; d’autre part parce que la bande passante était des plus réduites.

Nous sommes donc bien forcés de synchroniser le déroulement du film et l’enregistrement sonore et là aussi il y a plusieurs méthodes : caméras reliées électroniquement à l’enregistreur, caméras et enregistreurs quartzés, etc…
On peut même désormais se passer du clap, si on le désire, grâce au marquage d’un time code sur le film lui-même comme l’a mis au point Jean-Pierre Beauviala de Aaton (voir photo), ainsi que Eastman avec le Datakode.



Négatif 16 mm avec marquage SMPTE


Et puis, de nombreuses autres questions se posent :
Sur quoi enregistrer un son de plus en plus pur ?
Les anciens Nagra ou Stellavox sont-ils dépassés ?
Nous avons la chance d’avoir parmi nous un éminent spécialiste du son : Saint kro,
laissons-lui donc la parole…
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