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| Le format 9,5 C’est en 1922 que le 9,5 mm, premier format amateur fut mis sur le marché grand public par Pathé, d’abord sous la forme d’un projecteur, le « Pathé Baby », afin de diffuser une large bibliothèque de films. ![]() Le Pathé Baby Les raisons initiales étaient de trouver une largeur de film économique pour dupliquer et diffuser les films Pathé de 35mm mais suffisamment large pour disposer d'une image bien définie et encore suffisamment lumineuse. Un autre format réduit, le 28 mm avait déjà été créé par Pathé ; mais il n’était pas assez économique. La firme considérait que les ventes du Pathé-Kok , adapté à ce format n’étaient pas suffisantes. ![]() Le Pathé Kok Une caméra de prise de vue à manivelle est ensuite proposée en 1923 : le chargement est facile car le film inversible est facile à charger. ![]() La caméra Pathé Baby à manivelle Le film 9,5 est vraiment le précurseur des formats d’amateur, car c’est seulement en 1923 que Kodak riposta en créant le 16 mm, puis le trouvant trop cher envisagea, en 1932, de le couper en deux bandes de 8 mm. Comme les dimensions de l’image 8 mm correspondent seulement à ¼ de l’image 16 mm, la définition de ce « Cine Kodak Eight » est faible à côté de celle du 9,5 mm de Pathé qui offre une image presque aussi grande que celle du 16 mm. ![]() Le film 9,5 mm a pratiquement disparu aujourd'hui du marché grand public ; mais ses qualités d'image font qu'une poignée d'amateurs continue malgré tout à le faire vivre en France et dans plusieurs pays européens. Un Club 9.5 a même été lancé aux USA. Pourquoi 9,5 de large ? C'est sans doute la machine à tirer les duplicata des films 35mm qui a défini cette largeur. Sur le film 35mm de l'époque avec deux rangées de perforations étroites (plus petites que les perforations du 35mm actuel) on disposait de 29mm de largeur utile. Les tireuses de films d'édition impressionnaient simultanément 3 rangées d'images 9,5 et ce n'est qu'une fois le film traité que l'on procédait à la perforation et à la découpe en 3 fois 9,5mm. Pourquoi la performation centrale ? C'est le meilleur compromis pour conserver le maximum de surface d'image et ce n'est pas une invention de Pathé. Ce type de perforation avait déjà été utilisé dans divers appareils dits "de poche" dès les débuts du cinéma : le Biokam (1899-1900) avec un film de 17,5mm. ![]() Caméra Biokam Ainsi que le Chrono de poche de Gaumont-Demeny sur film de 15mm en 1900 et aussi le Kino 1 Ernemann de 1903 sur un film de 17,5mm. ![]() Le Chrono de poche Gaumont-Deneny et le Kino Les caractéristiques du format 9,5 : Largeur du film : 9,5 millimètres Taille de l'image à la prise de vue : 6,5mm x 8,5mm Nombre d'images au mètre : 132,6 Fréquences standard :16 images/seconde en muet, 24 images/secondes en sonore Métrage projeté pour 1 minute de film : 7,24 mètres à 16 images/secondes 10,85 mètres à 24 images/secondes Largeur de la piste magnétique :1 mm Décalage image/son : 28 images Focale standard de prise de vue :20 mm ![]() Les projecteurs Pathé-Baby Diffusé lors des fêtes de fin d'année de 1922, ce projecteur mis au point par le bureau d'études de Continsouza et dont le brevet avait été déposé en octobre 1921 sous le nom "Cinématographe jouet", était dédié à la projection familiale des films de la cinémathèque Pathé déjà très fournie. Ses caractéristiques principales étaient : • Entraînement à manivelle par système à came et simple griffe sans débiteur ni bobine réceptrice. • Chargement par cassette de film métallique de 9 mètres. • Système automatique d'arrêt sur image pour titres et vues fixes. • Lampe de 6 watts et réglage par rhéostat dans le pied de l'appareil. • Rembobinage rapide par manivelle dédiée. Depuis l'origine et jusqu'en 1930, divers accessoires et différents modèles de ce type furent fabriqués : accueil de cassettes de 18m, de bobines de 100 et 120m, motorisation, etc... Du modèle du type A (1922) aux types C, D, E (1926) à G en 1929. A ma connaissance il n'y eu pas de type B. ![]() Le Pathé Baby adapté aux bobines de 120 m ![]() Le Pathé Lux ![]() Le Pathé Baby G Un dérivé "jouet" en tôle, le Pathé-Kid, fut fabriqué en 1929. ![]() Le Pathé Kid ... alors que des projecteurs plus perfectionnés comme le Pathé Lux existaient depuis 1931 (en sonorisable optique depuis 1936) un Pathé-Baby style "art déco", le Coq d'Or, fut fabriqué sans doute pour atteindre un nouveau public. ![]() Le Pathé Coq d'or La caméra Pathé-Baby La première caméra Pathé-Baby parue en mars-avril 1923 était à entraînement par manivelle et nécessitait donc l'usage d'un pied. Son utilisation était assez simple grâce à l'emploi d'un chargeur métallique contenant 8,5m de film inversible d'abord orthochromatique. C'était en général le commerçant-photographe ou l'utilisateur qui insérait lui-même le film, vendu en galette, dans les chargeurs : opération à faire en chambre noire. Ce type de chargeur perdura, avec quelques variantes, sur toute la gamme des caméras Pathé : Motocaméras Mondial, puis National. Les Webo A reçurent un chargeur 15m. La première motocaméra équipée d'origine d'un mouvement à ressort fut proposée en 1927 après l'adaptation Motrix peu élégante de 1925. La fréquence d'images était fixée à 16 images par seconde et la caméra disposait aussi du vue par vue. La caméra Mondial B de 1931 était équipée d'un objectif Cinor Berthiot f3.5/20mm. ![]() Moteur adaptable à la caméra à manivelle Quelques caméras Pathé 9,5 : Pathé National 1937 - Chargeur type H de 9 mètres. Objectif à vis Cinor Berthiot 1,9/20mm. 16 im/sec et image par image. Le film était vendu en galette de 9 mètres à placer soi-même dans le chargeur type H (bakélite et couvercle métallique). Pour le Kodachrome, l'opération était faite dans le noir total. Encore en parfait état de marche après 60 ans ! ![]() La Pathé Nationale de 1937 Webo A 1952 - Chargeur spécifique de 15 mètres. Objectif à cliquet SOM Berthiot 3,5/20mm. 16 images/sec et image/image. Le film était vendu avec le chargeur scellé et vérifié par Kodak. En 1968-69, il était déjà assez difficile de trouver ce type de film. L'ensemble du mécanisme d'entraînement du film (griffes et réception film) est compris dans le chargeur. ![]() La Wébo A 1952 Webo A Luxe 1954 - Modèle à peu près identique au précédent avec un boitier de formes plus arrondies. ![]() La Wébo A Luxe 1954 ![]() Logement du chargeur de la Wébo A Luxe ![]() Chargeur de la Wébo A (il contient une partie du mécanisme) Pathé-Lido 9,5 1958-64 - Bobines de 15 mètres. Objectif à vis SOM Berthiot 1,9/20mm. 4 vitesses (8-16-18-24) et vue par vue. ![]() La Lido ![]() Logement des bobines de la Lido La Wébo M 9,5 mm, qui a aussi existé en 16 mm et a longtemps servi aux actualités télévisées (en 16 mm, bien sûr). ![]() La Wébo M ![]() La Wébo M équipée d'un zoom ![]() La Wébo M équipée de moteur et matte box et adaptée aux longues bobines Le 9,5 panoramique : Un format panoramique a même été imaginé en découpant un film 9,5 à double perforations en deux bandes de 4,75 mm. Le film de 9,5 mm de large passait deux fois dans la caméra, comme le double-8, puis était coupé en deux après traitement. Une caméra Lido et un projecteur Monaco ont été adaptés à ce format (à défilement horizontal). Le 4,75 mm panoramique fut un échec et l’expérience très vite abandonnée. Les grands distributeurs abandonnèrent définitivement le film 9,5 en 1976, mais des mordus continuent à faire découper des bandes de 9,5 dans de la pellicule photo Fuji Velvia. ![]() La caméra Lido et le projecteur Monaco, destinés au 9,5 panoramique ![]() Le film 4,75 panoramique Quelques autres caméras 9,5 ![]() Ercsam ![]() Emel ![]() Cinégel (1960-1970) ![]() La Ligonie 9,5 solaire Quelques projecteurs 9,5 mm ![]() Pathéscope H ![]() Pathéscope 200 B ![]() Pathéscope ACE ![]() Pathé Record 1953 ![]() Pathé Baby 1960 ![]() Intérieur du Pathé Baby 60 ![]() Pathé Mirage ![]() Cinégel Royal 230 ![]() Cinégel Royal 300 ![]() Cinéric ![]() Ercsam M 60 (1950) ![]() Ercsam Malex Record ![]() Heurtier Tri-films ![]() Lapierre ![]() Lapierre RL 52 ![]() Lapierre L 70 ![]() GEM 9,5 Le SUPER-9,5 Bigou-Beauviala…une tentative avortée Si le 9,5 existe encore de nos jours, c’est non seulement parce qu’il donne une image bien mieux définie que le 8 mm ou le super-8 pour un prix de inférieur à celui du 16 mm, mais c’est aussi pour des raisons sentimentales incontestables. Après la fermeture des usines Pathé de Joinville le Pont, seul Kodak pouvait encore fournir de la pellicule 9,5… cependant, comme les commandes n’étaient plus suffisantes, le géant américain a décidé de cesser de produire de ce film et à accepté de céder ses machines à des « mordus du 9,5 » résidant à Albi. Sous l’impulsion de Paul BIGOU, une société a vu le jour : la SEF 9,5. Elle assurait la fabrication des films (par découpe dans de la pellicule 35 mm), ainsi que le développement et le pistage. Comme il n’y avait plus de constructeur de caméras pour ce format et que le parc commençait à vieillir, Paul Bigou demanda à Jean-Pierre Beauviala (le fondateur d’Aäton) de mettre au point une Aäton 9,5. Beauviala a immédiatement compris que si Pathé avait choisi cette largeur de 9,5 mm, c’était pour pouvoir découper 3 bandes dans l’espace situé entre les perforations du 35 mm… Comme cela ne se justifiait plus depuis longtemps, puisque la découpe se faisait désormais dans du 35 mm non perforé, il imagina d’en profiter pour augmenter la largeur du film jusqu’à 11,6 mm, ce qui offrait l’avantage d’une image au ratio 1,66 (comme le super-16), tout en gardant le principe de la perforation entre les images. Un prototype de caméra fut construit par les ateliers Aäton, mais des difficultés d’ordre économique obligèrent la S.E.F. 9,5 à déposer son bilan. La Aäton 9,5 resta donc à l’état de prototype et les quelques dizaines de mètres de super-9,5 qui furent tournées par le cinéaste Raymond Depardon nous prouvent que Beauviala avait eu, une fois de plus, une idée géniale… En effet, le Super-9,5 revenait au même prix que le 9,5 normal, mais avec une image encore plus grande. Certes, cela nécessitait de nouveaux projecteurs, ou une modification des anciens, mais la grande image 1 :1,66 justifiait cette dépense supplémentaire. Ce coup dur pour les utilisateurs du format créé par Pathé ne causa cependant pas sa disparition car, tel le Phénix qui renaît de ses cendres, le 9,5 a pu réapparaître grâce à des passionnés qui reprirent le flambeau en récupérant les machines. Ils s’associèrent alors pour fonder le Ciné Club 9,5 (qui existe toujours et qui a même des filiales dans la plupart des pays étrangers). http://cine9.5mm.free.fr/wcc02300.htm http://cine9.5mm.free.fr/wcc90000.htm Dernière modification par mcr ; 26/02/2009 à 12h18. |
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